- AMD fournit ses pilotes graphiques officiels sous forme libre, dans le noyau Linux et dans Mesa : la carte fonctionne dès l’installation.
- Les RTX 50 ne sont prises en charge que par les modules de noyau ouverts de NVIDIA, installés par défaut avec les pilotes récents.
- Intel ne propose que des pilotes libres pour ses Arc ; les Arc B demandent un noyau et un Mesa récents.
- Pour le calcul, CUDA reste le plus simple ; ROCm prend officiellement en charge les RX 9000 et la plupart des RX 7000.
Linux a longtemps eu la réputation d’un système compliqué pour les cartes graphiques. C’est de moins en moins vrai, mais la marque choisie change réellement l’expérience. Chez AMD et Intel, les pilotes sont libres et intégrés au système : la carte fonctionne dès l’installation. Chez NVIDIA, le pilote reste propriétaire et s’installe à part, en échange de CUDA et d’un écosystème logiciel sans équivalent.
Les cartes et produits que l’on retient
Chaque bouton ouvre une recherche Amazon ciblée : plusieurs fabricants proposent la même puce, à vous de comparer refroidissement, longueur et garantie. Prix indicatifs, très variables.
La Radeon RX 9070 XT pour un Linux sans prise de tête
Pilotes libres intégrés, Vulkan par RADV, 16 Go sur 256 bits et une place officielle dans ROCm. Sur une distribution récente, il n’y a rien à installer pour jouer.
- Pilotes intégrés
- 16 Go de VRAM
- ROCm officiel
- Noyau et Mesa récents nécessaires
- HDMI 2.1 encore en rodage
La Radeon RX 9060 XT 16 Go pour un budget serré
Mêmes pilotes libres, 16 Go et 160 W, avec une alimentation de 450 W conseillée. La carte la plus raisonnable pour jouer sous Linux sans dépenser beaucoup.
- 16 Go
- 160 W
- PCIe 5.0 x16
- Bus 128 bits
- Un ou deux DisplayPort selon le modèle
La GeForce RTX 5070 Ti pour CUDA sous Linux
CUDA, OptiX et 16 Go de GDDR7 à 896 Go/s : la référence pour le calcul sous Linux. Comptez le pilote NVIDIA avec ses modules ouverts, obligatoires sur les RTX 50.
- CUDA et OptiX
- 896 Go/s
- DLSS via Proton
- Pilote à installer et à maintenir
- Modules à signer avec Secure Boot
L’Intel Arc B580, libre et économique
Pilotes uniquement libres, 12 Go et AV1 pour 249 $ au lancement. Prévoyez une distribution récente et le Resizable BAR activé dans le BIOS.
- Pilotes uniquement libres
- 12 Go
- AV1
- Noyau récent indispensable
- Compatibilité logicielle moins large
01AMD : les pilotes libres intégrés
AMD fait de ses pilotes libres ses pilotes officiels sous Linux : le module amdgpu du noyau, et dans Mesa, RadeonSI pour OpenGL et RADV pour Vulkan. Toutes les distributions les fournissent, il n’y a rien à télécharger. Mesa prend en charge le ray tracing sur les Radeon depuis les RX 6000.
La seule exigence : une version du noyau et de Mesa assez récente pour la carte. Une Radeon RX 9000 sur une distribution vieille de deux ans peut démarrer en mode dégradé. Préférez une distribution à jour, ou activez les dépôts de Mesa récents.
Attention. Le HDMI 2.1 à pleine vitesse a longtemps manqué aux Radeon sous Linux, pour des raisons de licence. Sa prise en charge commence tout juste à arriver dans les noyaux récents et peut être désactivée par défaut selon votre version. Pour la 4K à 120 Hz et plus, le DisplayPort reste la voie sûre ; notre page HDMI et DisplayPort détaille les normes.
Pour le calcul, AMD propose ROCm. Sa matrice de compatibilité la plus récente liste officiellement les RX 9000 et la plupart des RX 7000, de la RX 7600 à la RX 7900 XTX, sous Ubuntu et RHEL ; les RX 6000 grand public n’y figurent pas. Notre page carte graphique pour l’IA détaille les usages.
02NVIDIA : pilote propriétaire, modules ouverts
NVIDIA fournit un pilote propriétaire complet, en deux variantes de modules du noyau, d’après sa documentation :
- les modules ouverts, dont le code source est publié, utilisables sur toutes les cartes depuis l’architecture Turing (GTX 16 et RTX 20) et installés par défaut avec les pilotes récents ;
- les modules propriétaires, qui prennent en charge Turing, Ampere et Ada, mais pas Blackwell : les RTX 50 exigent les modules ouverts.
Les GeForce plus anciennes, des séries GTX 900 et GTX 10, relèvent désormais de la branche de pilotes « legacy » 580. Le pilote s’installe en général depuis les dépôts de la distribution ; avec le démarrage sécurisé (Secure Boot), ses modules doivent être signés, une opération que la plupart des distributions guident. Notre guide pour mettre à jour ses pilotes aborde aussi le cas de Linux.
Il existe une alternative libre, Nouveau, complétée par NVK, le pilote Vulkan de Mesa. Elle progresse : depuis Mesa 26.2 (août 2026), NVK prend même en charge DLSS à titre expérimental. Elle reste toutefois généralement plus lente que le pilote officiel et n’offre pas CUDA.
En échange de cette installation, NVIDIA offre CUDA, OptiX pour le rendu 3D et DLSS dans les jeux lancés via Proton. Pour l’IA ou Blender, c’est souvent le choix le plus simple, comme l’explique notre page carte graphique pour Blender.
03Intel Arc : tout en libre
Intel ne propose que des pilotes libres sous Linux : module du noyau (i915 pour les Arc A, xe pour les Arc B) et, dans Mesa, Iris pour OpenGL et ANV pour Vulkan. Les Arc B, plus récentes, demandent un noyau et un Mesa récents. Pour le calcul, Intel fournit sa pile oneAPI et Level Zero, que Blender utilise pour le rendu Cycles. Le panorama complet de la marque est sur notre page Intel Arc.
04Jouer, créer, calculer
| Usage | Choix le plus simple | Pourquoi |
|---|---|---|
| Jeu via Steam et Proton | Radeon | pilotes intégrés, Vulkan par RADV |
| Jeu avec DLSS | GeForce | DLSS fonctionne via Proton |
| IA, CUDA, rendu OptiX | GeForce | CUDA pris en charge partout |
| IA avec ROCm | Radeon RX 9000 ou RX 7000 | prise en charge officielle par AMD |
| Pilotes entièrement libres | Radeon ou Arc | aucun module noyau propriétaire, seuls les micrologiciels restent fermés |
| DaVinci Resolve | GeForce de préférence | CUDA, et Blackmagic valide Rocky Linux |
Côté jeux, Proton fait tourner une grande partie du catalogue Windows, mais certains systèmes anti-triche et quelques éditeurs refusent Linux : iRacing, par exemple, ne prend officiellement en charge que Windows 11.
05Nos recommandations
- Joueur sous Linux : une Radeon de la gamme RX 9000, comme la RX 9070 XT, ou une RX 9060 XT 16 Go pour un budget serré.
- Développeur, IA, 3D : une GeForce récente comme la RTX 5070 Ti, avec le pilote NVIDIA et ses modules ouverts.
- Libriste à petit budget : l’Arc B580, sur une distribution récente.
Si vous hésitez encore entre les deux grandes marques, notre comparatif NVIDIA ou AMD reprend leurs forces, et un câble DisplayPort 2.1 évite les soucis de HDMI sur les Radeon.
FAQQuestions fréquentes
Quelle carte graphique choisir pour Linux ?
Pour jouer et utiliser le bureau sans rien installer, une Radeon récente est le choix le plus simple : ses pilotes libres sont intégrés au noyau et à Mesa. Pour l’IA, le rendu 3D ou un logiciel qui exige CUDA, une GeForce reste incontestée. Les Intel Arc conviennent aux amateurs de logiciel libre prêts à suivre une distribution récente.
Les cartes NVIDIA fonctionnent-elles bien sous Linux ?
Oui, avec le pilote officiel de NVIDIA, qui offre CUDA, DLSS dans les jeux via Proton et de bonnes performances. Il faut l’installer, souvent depuis les dépôts de la distribution, et le maintenir à jour. Depuis les pilotes récents, les modules du noyau sont ouverts par défaut, et ils sont obligatoires sur les RTX 50.
Faut-il installer un pilote pour une carte AMD sous Linux ?
Non, en général. Les pilotes AMD sont intégrés au noyau Linux et à Mesa, que toutes les distributions fournissent. Une carte récente demande simplement une version suffisamment récente des deux. Seul le calcul GPU avec ROCm, pour l’IA ou certains logiciels, nécessite une installation supplémentaire.
Les cartes Intel Arc fonctionnent-elles sous Linux ?
Oui, Intel ne propose d’ailleurs que des pilotes libres sous Linux, dans le noyau et dans Mesa. Les Arc B, plus récentes, demandent un noyau et un Mesa récents : choisissez une distribution à jour. Pour le calcul, Intel fournit sa pile oneAPI.
Peut-on jouer sous Linux avec une carte graphique récente ?
Oui. Steam et sa couche de compatibilité Proton font tourner une grande partie des jeux Windows, avec les cartes AMD, NVIDIA et Intel. Les principales limites viennent de certains systèmes anti-triche et de quelques jeux qui refusent explicitement Linux, comme iRacing, dont l’éditeur ne prend en charge que Windows 11.




