Technique

Le ray tracing expliqué

Le ray tracing calcule la lumière comme elle se comporte vraiment, rayon par rayon. Le résultat peut transformer un jeu, à condition d’avoir la carte qui suit. Voici comment ça marche, ce que ça coûte et ce que valent les cartes de chaque génération.

  • Mis à jour le 21 octobre 2026
  • 4 min de lecture
  • Par la rédaction

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Dans un salon lyonnais, un homme manette en main fixe un écran affichant une rue sous la pluie aux reflets lumineux, sa femme lève les yeux de son livre
Le ray tracing expliquéPhoto d’illustration
RepèresLe ray tracing expliqué
Principe
Simulation du trajet de la lumière, rayon par rayon
Interfaces
DirectX Raytracing (DXR), Vulkan Ray Tracing
NVIDIA
Cœurs RT depuis les RTX 20 (2018)
AMD
Accélérateurs de rayons depuis les RX 6000 (2020)
Intel
Unités de ray tracing sur toutes les Arc
Sans accélération
GeForce GTX 16, Radeon RX 5000
L’essentiel
  • Le ray tracing suit le trajet des rayons lumineux pour calculer reflets, ombres et éclairage, là où la rastérisation les imite.
  • Les cartes l’accélèrent avec des unités dédiées : cœurs RT chez NVIDIA, accélérateurs de rayons chez AMD, unités RTU chez Intel.
  • Les GTX 16 et les Radeon RX 5000 n’ont pas d’accélération matérielle : certains jeux récents refusent de se lancer sans.
  • Le ray tracing coûte cher en performances et en VRAM : l’upscaling et le débruitage par IA sont devenus indispensables.
  • Le nombre d’unités RT ne se compare pas d’une architecture à l’autre.

Pendant trente ans, les jeux vidéo ont triché avec la lumière. Les reflets étaient des images inversées, les ombres des textures projetées, l’éclairage indirect peint à l’avance dans les décors. Le ray tracing, ou lancer de rayons, remplace une partie de ces astuces par une simulation : la carte suit le trajet de la lumière et calcule ce qu’elle éclaire, ce qu’elle reflète et ce qu’elle laisse dans l’ombre.

Le cinéma d’animation l’utilise depuis longtemps, avec des heures de calcul par image. En jeu, il faut le faire des dizaines de fois par seconde. C’est possible depuis 2018 grâce à des unités matérielles dédiées, mais le coût reste élevé, et toutes les cartes ne sont pas égales devant lui.

La sélection

Les cartes et produits que l’on retient

Chaque bouton ouvre une recherche Amazon ciblée : plusieurs fabricants proposent la même puce, à vous de comparer refroidissement, longueur et garantie. Prix indicatifs, très variables.

01

La RTX 5070 pour le ray tracing en 1440p

Budget indicatif550 à 800 €, à vérifierPour quiÉcran 1440p, jeux solo récents avec ray tracing

Cœurs RT de 4e génération, DLSS avec Ray Reconstruction et génération multi-images : la combinaison qui rend le ray tracing confortable en 1440p. Surveillez la mémoire, ses 12 Go deviennent justes avec les textures au maximum.

  • Ray Reconstruction
  • Génération multi-images
  • 12 Go de VRAM
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02

La RX 9070 XT, le grand bond d’AMD

Budget indicatif650 à 800 € environ, à vérifierPour qui1440p élevé, joueur qui veut 16 Go

RDNA 4 a nettement renforcé le ray tracing par rapport aux générations précédentes, avec 16 Go et Ray Regeneration de FSR Redstone dans les jeux qui l’intègrent. En path tracing lourd, les GeForce haut de gamme gardent l’avantage.

  • 16 Go sur 256 bits
  • Ray Regeneration
  • 304 W
  • Moins à l’aise en path tracing
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03

La RTX 5070 Ti pour le ray tracing poussé

Budget indicatif800 à 1 200 €, à vérifierPour quiRay tracing complet en 1440p, 4K avec DLSS

16 Go de GDDR7 et 896 Go/s : assez de mémoire pour les structures du ray tracing et assez de puissance pour activer les effets les plus lourds, avec DLSS en soutien.

  • 16 Go
  • Très à l’aise en 1440p
  • Budget élevé
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04

La RTX 5060 Ti 16 Go pour débuter en 1080p

Budget indicatif450 à 700 € selon la période, à vérifierPour quiRay tracing modéré en 1080p

La version 16 Go évite la saturation de mémoire qui guette les cartes de 8 Go dès que le ray tracing s’active. Avec DLSS, elle rend le ray tracing accessible en 1080p sans viser les réglages extrêmes.

  • 16 Go
  • 180 W
  • Bus mémoire de 128 bits
  • PCIe x8
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01Rastérisation contre ray tracing

La rastérisation, la méthode classique, projette les triangles de la scène sur l’écran, puis calcule la couleur de chaque pixel. Elle est extrêmement rapide, mais ne sait rien de ce qui se trouve hors de l’écran ou derrière un objet. Les reflets en espace écran disparaissent dès que l’objet reflété sort du cadre, et les ombres dépendent de cartes d’ombres approximatives.

Le ray tracing part de la caméra : pour chaque pixel, un rayon est lancé dans la scène. Quand il touche une surface, d’autres rayons partent vers les sources de lumière (pour savoir si le point est dans l’ombre), dans la direction du reflet, ou au hasard pour estimer l’éclairage indirect. Le résultat tient compte de toute la scène, visible ou non.

Les jeux combinent les deux : la rastérisation dessine l’image, le ray tracing calcule certains effets. Les plus spectaculaires sont les reflets, l’éclairage global (la lumière qui rebondit d’une surface à l’autre) et l’occlusion ambiante. Les ombres en ray tracing sont plus justes, mais la différence se remarque moins. Quand tout l’éclairage passe par les rayons, on parle de path tracing.

02Ce que font les unités RT

Le coût du ray tracing vient d’une question répétée des milliards de fois : ce rayon touche-t-il un triangle, et lequel ? Pour y répondre vite, le jeu range la géométrie dans une structure hiérarchique de boîtes englobantes, le BVH. Le rayon descend dans cette arborescence, élimine les boîtes qu’il ne traverse pas, puis teste les triangles restants.

Les unités dédiées accélèrent précisément ces deux opérations, le parcours du BVH et les tests d’intersection :

  • NVIDIA : cœurs RT depuis les GeForce RTX 20 (2018). Ils en sont à leur 4e génération sur les RTX 50, en architecture Blackwell. Les RTX 40 ont ajouté le réordonnancement de l’exécution des shaders (SER), qui regroupe les calculs similaires.
  • AMD : accélérateurs de rayons depuis les Radeon RX 6000 (2020), un par unité de calcul. L’architecture RDNA 4 des RX 9000 les a nettement renforcés.
  • Intel : unités de ray tracing dans chaque cœur Xe, sur toutes les cartes Arc.

Le tout passe par des interfaces standard, DirectX Raytracing (DXR) sous Windows et Vulkan Ray Tracing, ce qui permet à un même jeu de fonctionner sur les trois marques.

CarteUnités RT (base)Architecture
GeForce RTX 5090170Blackwell
GeForce RTX 507048Blackwell
GeForce RTX 407046Ada Lovelace
Radeon RX 9070 XT64RDNA 4
Radeon RX 7800 XT60RDNA 3
Intel Arc B58020Xe2 (Battlemage)

Attention. Ces chiffres ne se comparent qu’au sein d’une même architecture. Une unité RT de Blackwell, un accélérateur de RDNA 4 et une unité d’un cœur Xe2 ne font pas le même travail par cycle. Avec 60 unités contre 64, une RX 7800 XT n’est pas pour autant presque aussi rapide en ray tracing qu’une RX 9070 XT : la génération compte davantage que le nombre.

03Le coût en performances et en mémoire

Même accéléré, le ray tracing reste le réglage le plus lourd d’un jeu moderne. Les jeux ne lancent qu’un ou quelques rayons par pixel, ce qui produit une image bruitée qu’il faut nettoyer avec un débruiteur. Ils comptent aussi sur l’upscaling pour calculer moins de pixels. D’où l’importance de DLSS et de sa fonction Ray Reconstruction, qui remplace les débruiteurs classiques par un réseau de neurones, et de son équivalent chez AMD, Ray Regeneration, dans la suite FSR des RX 9000.

Le BVH et les données du ray tracing occupent de la mémoire vidéo. Une carte de 8 Go peut tenir en rastérisation et saturer dès que le ray tracing s’active, avec des saccades ou des textures qui se chargent mal. Pour le ray tracing, 12 Go sont un minimum raisonnable en 1440p, 16 Go une vraie tranquillité.

04Les jeux qui l’exigent

Le ray tracing n’est plus toujours une option. Certains jeux s’appuient dessus pour tout leur éclairage et refusent de se lancer sans carte compatible : c’est le cas d’Indiana Jones et le Cercle ancien et de Doom: The Dark Ages. Pour un possesseur de GTX 1660 Super ou de RX 5700 XT, c’est le signal qu’il est temps de changer de carte.

05Quand l’activer, et sur quelle carte

  • Entrée de gamme 8 Go : laissez-le désactivé dans les jeux lourds, privilégiez définition et textures.
  • 1080p, cartes de 12 à 16 Go : ray tracing modéré avec upscaling en mode Qualité, par exemple sur une RTX 5060 Ti 16 Go.
  • 1440p : une RTX 5070, une RX 9070 ou mieux permettent des réglages élevés avec upscaling.
  • 4K et path tracing : RTX 5080, RTX 5090 ou RTX 4090, avec DLSS et génération d’images.

Commencez par l’éclairage global et les reflets, qui changent le plus l’image, avant les ombres. Notre sélection des meilleures cartes pour le ray tracing détaille les choix par budget, et une RTX 5070 Ti reste un excellent point d’équilibre pour un ray tracing poussé en 1440p.

Le conseil du labo. Comparez le même passage du jeu avec et sans ray tracing, de jour et de nuit, en intérieur et en extérieur. Dans certains jeux, l’éclairage précalculé est si soigné que l’écart se joue sur des détails ; dans d’autres, le ray tracing change complètement l’ambiance.

FAQQuestions fréquentes

Qu’est-ce que le ray tracing dans les jeux vidéo ?

C’est une méthode de rendu qui calcule l’éclairage en suivant le trajet de rayons lumineux dans la scène : rebonds sur les surfaces, ombres, reflets. Les jeux l’utilisent en complément de la rastérisation classique, pour certains effets précis. Le résultat est plus juste, surtout pour les reflets et l’éclairage indirect, mais beaucoup plus coûteux en calcul.

Ma carte graphique est-elle compatible ray tracing ?

Toutes les GeForce RTX, des RTX 20 aux RTX 50, les Radeon à partir des RX 6000 et toutes les Intel Arc accélèrent le ray tracing. Les GeForce GTX 16, comme la GTX 1660 Super, et les Radeon RX 5000, comme la RX 5700 XT, n’ont pas d’unités dédiées : les jeux qui exigent le ray tracing matériel ne s’y lancent pas.

Le ray tracing vaut-il le coup ?

Dans les jeux qui l’exploitent vraiment, pour l’éclairage global et les reflets, la différence se voit au premier coup d’œil. Dans d’autres, limité aux ombres, elle est discrète pour un coût élevé. Il vaut le coup si votre carte garde une fluidité correcte avec l’upscaling. Sur une carte d’entrée de gamme, mieux vaut souvent monter la définition ou les textures.

Pourquoi le ray tracing fait-il chuter les FPS ?

Chaque rayon doit traverser une structure qui organise toute la géométrie de la scène, puis tester ses intersections avec les triangles. Multipliez par des millions de pixels et plusieurs rayons par pixel, et la charge explose, même avec des unités dédiées. Le ray tracing consomme aussi plus de mémoire vidéo, ce qui pénalise les cartes de 8 Go.

NVIDIA ou AMD pour le ray tracing ?

NVIDIA garde l’avantage, surtout en path tracing, grâce à ses cœurs RT et à DLSS avec Ray Reconstruction. Les Radeon RX 9000 ont toutefois réduit l’écart par rapport aux RX 7000, et Ray Regeneration de FSR Redstone améliore l’image dans les jeux compatibles. Pour du ray tracing modéré en 1440p, une RX 9070 XT est une option sérieuse ; pour le path tracing, une GeForce haut de gamme.

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